vendredi 14 janvier 2011

Faites l'amour pas le TR!


Sur une idée originale de notre estimée consoeur Jaddo.

Sont ici présentes les médecins généralistes de sexe féminin rencontrées sur twitter :
@AliceRedsparrow (son blog)
@Fluorette
@Jaddo_fr
@Sous_la_blouse
@DrCouine

et en guest-star le @Dr_Stephane (c'est un homme mais personne n'est parfait)

Ceci est une réponse au Dr Michel Cymès et sa campagne en faveur du dépistage systématique du cancer de la prostate (son blog et les détails de la campagne, c'est par ici ).
Le problème de cette campagne, c'est qu'elle ne repose sur aucun argument scientifique.
AU CONTRAIRE, comme l'attestent ces références :
- un article de 2010 du British Medical Journal (le BMJ que nous tenons dans nos mains)
- les recommandations de la HAS concernant ce dépistage

Les conclusions de ces références qui sont, elles, longuement argumentées, sont que le dépistage systématique ne réduit pas la mortalité par cancer de la prostate. Par contre le traitement chirurgical (ablation de la prostate) une fois le dépistage effectué expose au risque d'impuissance et d'incontinence urinaire, d'où notre slogan.

Pour comprendre pourquoi ce dépistage systématique est une mauvaise idée, vous trouverez des informations plus détaillées sur le site Atoute du Dr Dominique Dupagne. Il pose de façon très claire les données du problème.

26 commentaires:

  1. Tu peux me mettre à côté ! "J'ai envie de faire l'amour plus longtemps !"

    Physiquement, je dirais "Oook", pour reprendre le thème du billet précédent...

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  2. Tout pareil. Je ne sais pas pourquoi, mais ta campagne me parle infiniment plus! Ce doit être tout ces exemplaires du BMJ qui m'excitent intellectuellement...

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  3. Sympathique campagne, le message me va droit au coeur ! Je dois dire que je ne peux qu'adhérer !

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  4. Je ne comprends pas tout à fait... C'est le traitement ou le dépistage lui-même qui pose des risques d'impuissance ?

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  5. @Wood : Le dépistage expose à la découverte de cellules cancéreuses qui n'auraient jamais fait parler d'elles... sauf qu'on sait après dépistage qu'elles sont là. Donc on veut les enlever. Et le traitement chirurgical (qui est du coup fait par excès) expose aux complications.
    Je rajoute un lien vers le site Atoute qui propose des infos plus étofées que ce que je viens de te dire.

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  6. Tiens le docteur Stéphane je l'avais déjà vu : http://uppix.net/e/7/5/02bebb258b30113684b7100631810.jpg , très bon docteur ;P

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  7. Peut-etre suis-je un peu bête mais je ne comprends pas très bien. Etes-vous en train de dire qu'il vaut mieux faire l'autruche et fermer les yeux? Mieux vaut laisser les cellules cancéreuses en paix?

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  8. @ Anonyme : non vous n'êtes pas bête! C'est justement parce que l'idée peut interloquer dite "comme ça" que la campagne de Michel Cymès est problématique.... car oui dans le cas présent il faut laisser ces quelques cellules en paix.
    Pour répondre à vos interrogations, je vous invite à aller voir le lien que je mets vers le site Atoute du Dr Dupagne, et à regarder en particulier la vidéo, très bien faite, très claire.

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  9. Hum ...
    Je suis fan.
    Et de mon petit tabouret de mini-apprenti-sage-femme-même-pas-docteur, je suis contre ce dépistage systématique pour l'impact délétère qu'il peut avoir en terme de santé publique.

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  10. Superbe !! Bonne idée Jaddo (un fan )

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  11. Ah guest-star, c'est trop d'honneur !
    Merci pour ton blog.

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  12. alors comment peut-on encore laisser des trucs pareils en ligne ?? http://www.urofrance.org/fileadmin/medias/journee-prostate/2005/depliant.pdf

    c'est affligeant, culpabilisant et angoissant !

    bravo pour votre blog, il devrait etre reconnu d'utilité publique!
    Un collègue du Dr Stéphane

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  13. Bonjour,

    Oui au dépistage, non au traitement chirurgical systématique.

    J'ai dû mal à comprendre votre phrase : "Les conclusions de ces références qui sont, elles, longuement argumentées, sont que le dépistage systématique ne réduit pas la mortalité par cancer de la prostate. Par contre le traitement chirurgical (ablation de la prostate) une fois le dépistage effectué expose au risque d'impuissance et d'incontinence urinaire, d'où notre slogan.",
    il y a d'autre traitements que la chirurgie, : l'hormonothérapie, la radiothérapie, la chimiothérapie.
    Mon mari a fait un dépistage systématique, il est soigné pour un cancer de la prostate métasasé.
    Mais ni l'urologue, ni l'oncoradiologue, ni l'oncologue médical qu'il a vu n'a parlé de chirurgie.
    Je veux garder mon mari et mon amour même si un traitement ne lui permets plus de me le prouver physiquement, pour l'instant.
    Le dépistage lui a sauvé la vie et c'est cela le plus important.
    Combien de vies sauvées en faisant l'autruche ?

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  14. Alice Redsparrow15 janvier 2011 17:48

    Si tu permets Gélule ...

    Il n'est pas du tout question de faire l'autruche. Pour qu'une campagne de dépistage puisse être massive et systématique il faut un bon test de dépistage. Pour qu'un test soit considéré comme "bon", il faut qu'il soit sensible et spécifique. Or, le TR est peu sensible (très opérateur dépendant en plus) et le PSA peu spécifique. Si un test est peu spécifique et peu sensible, les risques liés au dépistage sont plus élevés que les bénéfices. Pas question de systématiser un dépistage dans ce cas, en revanche, le cibler : oui !!

    Merci Jaddo et Gélule ! :)

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  15. Ce que je conteste, c'est surtout la deuxième partie de la phrase :
    "Par contre le traitement chirurgical (ablation de la prostate) une fois le dépistage effectué expose au risque d'impuissance et d'incontinence urinaire..."
    Cela veut dire, si on lit exactement cette phrase qu'une fois le TR positif, il n'y a que le traitement chirurgical et donc à l'impuissance et à l'incontinence.
    Quand on veut contester il ne faut pas être abrupte et nuancer ses dires.
    Le TR positif ne fait pas penser uniquement au cancer mais aussi à une prostatite chronique ou non qui doit être soignée elle aussi.
    Il faut peut être cibler ce test car un cancer à 45 ans ou à 70 ans n'a pas le même pronostic mais il faut le faire ou trouver un plus sensible

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  16. Bonjour Marie-France,

    Tout d’abord merci pour votre témoignage.

    Effectivement j’ai été un peu rapide dans mon texte d’explication : vous avez tout à fait raison, il n’y a pas que la chirurgie dans le traitement du cancer de la prostate. Cela dit, je pourrais compléter ma phrase en ne faisant qu’y ajouter les autres traitements. La radiothérapie expose aux mêmes complications que la chirurgie, et à d’autres : par exemple rectite radique (= inflammation chronique de la muqueuse rectale suite à la radiothérapie). L’hormonothérapie entraîne des troubles de l’érection. Seule la chimiothérapie n’a pas ces effets secondaires-là, mais en présente une multitude d’autres…

    Ensuite, quand je parle du traitement qui fait suite au dépistage : effectivement on ne tombe pas toujours sur un cancer, donc la suite n’est pas forcément chirurgicale. Mais si on fait le dépistage, et que les résultats sont anormaux, on fait quoi ? En sachant comme vous l’avez-vous-même ajouté que l’augmentation des PSA n’est pas spécifique d’une lésion cancéreuse, et qu’un TR est très opérateur-dépendant…. Donc suite à un dépistage « anormal », pour affirmer la présence de cellules cancéreuses, il faut au moins biopsier : c’est déjà un geste invasif exposant à des complications locales voire générales. Et si la biopsie retrouve des cellules cancéreuses, que faire ? en sachant qu’il ne s’agit peut-être que de quelques cellules, pas d’un cancer constitué, que peut-être il ne fera jamais parler de lui, mais que maintenant on sait que ces cellules sont là…. Chez un homme jeune hors stade évolué on va proposer une chirurgie (cela reste le traitement de référence dans la plupart des cas, voilà pourquoi c’est celui que je citais). Chirurgie qui expose à des complications mais qui est peut-être inutile.

    En ce qui concerne votre cas personnel, je comprends votre ressenti, mais je persiste : en matière de santé publique, donc à grande échelle, auprès de toute la population masculine de plus de 50 ans, le dépistage systématique du cancer de la prostate par TR + dosage des PSA ne sert à rien. En partie pour les raisons évoquées par Alice Redsparrow dans le commentaire précédent, en partie parce que pour un homme chez qui un cancer aura été dépisté à un stade curable, on va « sur-traiter » un trop grand nombre d’hommes dont les lésions prostatiques n’auraient jamais fait parler d’elles mais dont le traitement va altérer significativement la qualité de vie. Les études sont claires : les populations d’hommes chez qui le dépistage est proposé ne meurent pas moins du cancer de la prostate que ceux à qui le dépistage n’est pas proposé. Hors c’est le but premier de tout dépistage systématique organisé : faire diminuer la mortalité liée à la pathologie dépistée. Pour le cancer de la prostate, cela n’est pas le cas.

    On parle ici de santé publique et donc de populations à grande échelle. Même si en médecine, il est toujours difficile de faire des généralités quand on s’intéresse à chaque cas particulier…. quand on parle d’un 0,01% pour une pathologie donnée, pour le patient concerné c’est du 100%, c’est ce qui se passe dans votre cas malheureusement.

    En espérant avoir clarifié mon propos, je vous adresse toute ma sympathie dans l’épreuve que vous traversez avec votre mari.

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  17. Merci tous, toubibs et simples hommes en bonne sant, futurs cancreux qui s'ignorent ou cancreux avrs ayant choisi ou refus un traitement et qui, ici, font avancer la vrit en acceptant davantage de transparence.
    Oui, ce n'est pas simple de choisir d'tre dpist, pntr, touch, cographi, biopsi douloureusement une cinquantaine de fois avant le diagnostic terrible.
    J'ai accept ce parcours la lumire d'une observation attentive de la courbe de l'augmentation de mon taux de PSA en fonction du temps : en gros, si votre taux de PSA ne double pas sur 2 ans vous avez une forte probabilit, mme si vous avez un dbut de cancer, de ne pas risquer d'en mourir. Par contre, si votre taux de PSA double ou fait plus que doubler sur 2 ans, la probabilit d'avoir un cancer agressif et potentiellement mortel dans les 5 ans devient importante.
    Oui, le parcours de vie d'un cancreux opr, irradi, castr est un bouleversement terrible et pouvant terrifier mais, accompagn et soutenu par ma femme, je pense avoir fait le moins mauvais des choix.
    Onze ans aprs le premier dosage du PSA, cinq ans aprs la biopsie dtectant des cellules cancreuses, les lourdes thrapies et leurs "effets secondaire" je suis vivant actif et heureux.
    Dernire confidence : L'amour conjugal peut aussi et formidablement s'exprimer par la tendresse et le dialogue.

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  18. Merci tous, toubibs et simples hommes en bonne sant, futurs cancreux qui s'ignorent ou cancreux avrs ayant choisi ou refus un traitement et qui, ici, font avancer la vrit en acceptant davantage de transparence.
    Oui, ce n'est pas simple de choisir d'tre dpist, pntr, touch, cographi, biopsi douloureusement une cinquantaine de fois avant le diagnostic terrible.
    J'ai accept ce parcours la lumire d'une observation attentive de la courbe de l'augmentation de mon taux de PSA en fonction du temps : en gros, si votre taux de PSA ne double pas sur 2 ans vous avez une forte probabilit, mme si vous avez un dbut de cancer, de ne pas risquer d'en mourir. Par contre, si votre taux de PSA double ou fait plus que doubler sur 2 ans, la probabilit d'avoir un cancer agressif et potentiellement mortel dans les 5 ans devient importante.
    Oui, le parcours de vie d'un cancreux opr, irradi, castr est un bouleversement terrible et pouvant terrifier mais, accompagn et soutenu par ma femme, je pense avoir fait le moins mauvais des choix.
    Onze ans aprs le premier dosage du PSA, cinq ans aprs la biopsie dtectant des cellules cancreuses, les lourdes thrapies et leurs "effets secondaire" je suis vivant actif et heureux.
    Dernire confidence : L'amour conjugal peut aussi et formidablement s'exprimer par la tendresse et le dialogue.

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  19. Continuer à se faire niquer et hériter + tôt, évidemment, l'intérêt de ces femmes est clair. C'est comme demander à un criminel s'il est contre la peine de mort: il a un intérêt personnel à dire oui, son avis ne compte donc pas.
    ^^

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  20. Bonjour,

    Cette campagne d'incitation au dépistage aura eu le mérite (pas forcémment volontaire) de lancer le débat et de faire savoir qu'il existait une alternative au dépistage systématique.

    Concrètement pour prendre mon cas (patient lambda mais très interéssé par la médecine en général), avant cette campagne j'aurais probablement, le moment venu, fait un dépistage.

    Grace à cette campagne, et aux réactions qu'elle à provoqué, je sais maintenant que ça n'est pas si simple, et je pense que je m'abstiendrais.
    Ce qui est certain c'est que je ne serais pas "passif", me contentant d'écouter ce que l'on me dit (cela dit, je ne suis jamais passif :p).

    Merci à vous tous, ca fait plaisir de voir des gens qui ne se résignent pas face à la puissance des labos :)

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  21. le débat a lieu en même temps que les urologues innovent dans les outils et les protocoles pour améliorer le dépistage et le choix du traitement. Biomarqueurs, imagerie 3D, traitements focaux et surveillance active... En particulier le service de la Pitié Salpêtrière utilise l'échographie 3D et un logiciel de cartographie des biopsies de prostate http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/tech-medias/actu/020772269950.htm

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  22. Je me souviens de mon prof de bio en terminal D qui nous avait expliqué que des cellules cancéreuses étaient régulièrement "fabriquées" et éliminées par le corps humain, sans que cela dégénère forcément en cancer.
    Je suis d'accord avec votre proposition de "faire l'amour encore longtemps" et je vous prends aux mots. Laquelle se dévoue pour cette cause de santé publique selon votre campagne ou recherche homme pour étude clinico-sentimentale approfondie avec TR (pourquoi pas mutuel)+PSA (Profond Sentiment Amoureux, Parler Sourire Aimer au choix) ?
    JH de 35 ans célibataire en pleine forme, dont le grand-père est mort de ce cancer et donc ayant un peu plus de risque de le contracter, mais que vous avez troublé (notamment concernant le dépistage).

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  23. J'ai trouvé sur le site de "la République du Centre" un article dont le sujet pourrait contribuer à améliorer les choses. C'est à cette adresse http://tinyurl.com/4ceqhmh
    Bonne lecture

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  24. Je ne prends connaissance de votre post qu'un peu tard, mais, en tant que compagne d'un opéré devenu complètement impuissant, depuis bientôt 10 ans et à 53 ans, j'aimerais juste rappeler à tous ceux qui sont obligés d'en passer par là que la vie sexuelle ne se limite pas à l'érection et à la pénétration. On peut donc être parfaitement épanouis sur ce plan en ayant dû subir une prostatectomie radicale. Nous avions choisi en connaissance de cause et ne regrettons rien, ni l'un ni l'autre.
    Je ne peux me prononcer sur la valeur du dépistage systématique, mais je trouve dommage de ramener "faire l'amour" à une seule possibilité. C'est sans doute un petit péché de jeunesse de croire que sans celle-ci, point d'orgasme ; en vieillissant on explore d'autres pistes, ne serait-ce que parce qu'on "bouge" moins bien !
    Et pourtant, on aime toujours faire l'amour !

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  25. @Anonyme : ah mais nous sommes d'accord :) Je répondais à une affiche avec "propos choc" par un dessin avec un autre "propos choc". Merci pour votre témoignage.

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  26. IL RESTE 3 JOURS
    http://www.fmcdinan.org/article-bientot-sur-buzzonline22-66889414.html

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