dimanche 17 juin 2012

Bons baisers de Trou-Paumé-sur-Cambrousse!

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J'admire le travail qui est fait par les généralistes de ces zones isolées. 
Ils font un boulot de malade. Et il en faut de la rigueur et du courage pour continuer au jour le jour à faire du bon boulot, à se tenir aux recos, à s'informer, tout ça, quand on est au fin fond de TrouPaumé.
Ecoutez-les, ces médecins. Ce sont les mieux placés pour parler de LEUR pratique et pour dire ce dont ils ont besoin (oui, je sais, de confrères!).

Pour une autre vision de la pratique en zone isolée, je ne peux que vous conseiller la lecture de l'excellent blog de notre confrère Médecin de montagne

(1) Une zone blanche, suivant ce groupe de travail d'une DRASS, c'est une zone à plus de 30 minutes d'un lieu de prise en charge des urgences et d'un SMUR.
(2) Vous pouvez trouver une partie de son intervention ici

Et sinon pour terminer ce post sur une note joyeuse et ô combien TrouPaumé-esque, ruez-vous en librairie pour vous offrir le beau livre du Dr Borée! C'est intelligent, rigoureux, humain, avec de vrais morceaux de Cambrousse dedans!





53 commentaires:

  1. Chère Docteur(e) Gélule,
    Bravo d'avoir débuté par un remplacement pleinement rural an totale autonomie, et respect pour tous ces gestes que tu maîtrises certainement. Mais j'ai envie de connaître ton sentiment pour la suite: globalement tu as trouvé ça plutôt très dur ou plutôt très super?
    Mis à part le sujet, passionnant, merci pour tes supers dessins et ton humour militant!

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    1. Pour le sentiment : plutôt très super... mais très dur! En fait je développerai ça dans une autre note à part, mais ce qui rend l'exercice "dur" ce n'est pas tellement le travail en lui-même mais ce qu'il y a autour... (administratif, politique locale, etc)
      Sinon pour les gestes en l'occurrence je ne sais pas faire les infiltrations (parce que je n'en ai jamais eu l'occasion) mais si je devais m'installer en zone isolée j'apprendrais, c'est certain!
      Merci en tout cas :)

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  2. Ca à l'air chouette, et flippant, et monastique. Le truc sympa quand tu sais que tu remplaces :)

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  3. Superbe article, et sûrement la plus belle des écoles ;) Même si c'est dur, mais tellement enrichissant et humain !
    Ca me rappelle mon premier remplacement, tout juste sortie de la fac, un peu moins zone blanche quand même (seulement une bonne trentaine de km du CHU, mais région très rurale ! ), les fermes isolées, les "je me suis perdue" (mais non après la croix (laquelle ?) et la mare aux canards...), les "j'ai pas consulté depuis des années, et je dois avoir une incontinence urinaire, j'ai les pieds tout mouillés... non c'est juste une gangrène sur artérite sévère...", les légumes ou le morceau de gateau aux Marrons parce qu'on sait que le "Dr n'a jamais le temps de manger"
    J'y ai remplacé régulièrement pendant plus de 2 ans, j'ai beaucoup aimé, appris énormément de choses, apprécié les patients plus respectueux qu'en ville....
    Mais j'ai eu un bébé, envie de profiter de ma vie de famille et pas de rentrer les soirs à 21h30 comme cela m'arrivait (pas tous les jours, mais souvent) alors je remplace plutôt en urbain et péri urbain, plus près ce chez moi, plus "facile" car à côté des spécialistes et du CHU, mais sûrement moins enrichissant...
    J'admire moi aussi ces médecins de campagne, compétents, polyvalents, disponibles, je sais que je n'aurai pas le courage d'être de ceux là.
    Est ce qu'un jour tous ces a priori à la fac vont changer, je ne suis pas sûre... Peut être avec le stage obligatoire ? Et à tous vos témoignages, toi, Dr Borée, Un Médecin de Montagne... Pour ça, juste un GRAND MERCI !

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  4. Bravo pour cetet belle description. C'est ainsi que je connais la pratique de mon MG francais - où je vivais en rural. Certes, le travail est immense mais une partie des patients sachent ce qu'ils ont avec leur médecin, y compris en Creuse (d'ailleurs un département superbement beau et isolé)!

    Bonne continuation

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  5. En vous lisant j'ai cru que vous étiez chez nous!! Mais non, suis je bête, le dernier s'est pendu à un poutre... ça fait bientôt 2 ans et le nouveau n'arrive que début juillet!!
    Donc, là...va falloir qu'on aille le voir pour lui souhaiter la bienvenue, bien sur, mais aussi....rattraper le retard, j'espère qu'il s'en doute un peu quand même...

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    1. C'est gai chez toi :-)

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    2. Celui qui s'installe est au courant de ce qui est arrivé à son prédécesseur???
      Clair que dans ces zones isolées tu peux exercer ton métier pleinement , mais aussi te retrouver complètement isolé y compris psychiquement...enfin ça fait froid dans le dos quand même.

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  6. Aaaaaaaaaah, voilà enfin la note tant attendue! Bon, je regrette pas, elle est vraiment chouette... Dure et tendre comme un caramel breton :-)
    Bon, j'attends la suite avec impatience (mais je veux pas te mettre la pression hein!)

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  7. On se croirait chez moi !
    Bienvenue !

    PS : et la prochaine note, pas dans 4 mois hein !!!

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  8. Moi j'aimerai votre avis sur un point, ce super-professeur-president-doyen est-ce qu'il serai encore capable de faire ce que vous vous faîtes à Trou-paumé sur Cambrousse ? Car depuis combien de temps n'a-t'il pas fait lui-même des gestes aussi simples qu'une suture et des injections ?

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    1. Quand je dis que M. Perrotin ne sait pas de quoi il parle, je ne pense pas tellement à la médecine en elle-même. Il est (d'après les articles) anesthésiste-réa et urgentiste, je pense qu'il maîtrise au contraire tous ces gestes bien mieux que moi.
      C'est l'enchaînement de la pratique quotidienne qu'il ne connaît à mon avis pas. Jongler entre la polypathologie, les urgences, la pédiatrie, les patients âgés, les problèmes médico-sociaux, la dépendance, la gynéco, etc etc, hors d'un service d'urgences. Ici, pas d'IDE pour me préparer le plateau et me filer un coup de main si je suture, c'est tout toute seule. Rajoutez à ça le téléphone, les visites à domiciles, le courrier, la paperasse.... et l'isolement. Tout cela est très différent d'une pratique hospitalière, avec travail permanent en équipe, différents spécialistes directement sous la main, plateau technique, et travail salarié sans contraintes de gestion d'un cabinet.
      Je ne dénigre pas son travail à lui, loin de là, s'il a toutes ces fonctions je parie au contraire que c'est un bon praticien. Mon but n'est pas de dire "c'est nous les meilleurs", pas du tout. Juste la médecine générale en zone isolée est une pratique particulière, comme la sienne est particulière. Et quand on veut obliger les gens à une certaine pratique, comme il le suggère, le minimum c'est quand même de connaître cette pratique, dans les faits, au quotidien, et pas sur le papier ou par ce qu'on lui en a raconté.

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    2. Je ne posais pas la question dans le sens "il est nul" mais je pense que ces gestes de base doivent être fait régulièrement pour ne pas perdre la main, car il doit y avoir une certaine différence entre la théorie et une pratique régulière pour maitriser parfaitement le geste.
      De part son poste de président des doyens de France, il doit (du moins j'imagine) est plus souvent dans de l'administratif que voir des patients (je connaissais un directeur de labo à la fac qui pestait de devoir faire 80% de son temps de la paperasse plutôt que des recherches et d'encadrer des thésard).

      Quand aux profs de fac considérant mal les généralistes de la Creuse, je propose de les priver de bœuf du limousin dans leurs assiettes. Na !

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  9. Merci pour ce billet et pour la citation.
    On s'y croirait ! c'est à croire que tu remplaces chez nous !
    Et puis cette rengaine : "c'est pour mon renouvellement et... " excellent.
    Tu n'as pas remarqué que c'est souvent sur le pas de la porte, quand tu as fait l'ordonnance, que tu as passé la carte vitale, qu'ils te disent subitement "au revoir docteur. Ah au fait, j'ai oublié de vous parler de la boule que j'ai dans le sein..." ou "beh... a la prochaine fois. Et je vous parlerai de cette douleur qui me viens dans la poitrine quand je travaille..." ou encore "Merci docteur. Juste un truc, tiens. Hier j'étendais le linge et soudain, je n'ai plus rien vu à gauche... et puis c'est revenu...c'est rien hein ? "
    Groumpf ! comment faire des actes faciles et qui vont vite...
    En tous cas, c'est super agréable de voir une jeune femme s'accrocher comme ça et parler ainsi de la MG !
    Une vraie impression de proximité, de vraie confraternité, pour moi.
    Bonne chance pour la suite.

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  10. C'est exactement ce que nos profs nous rabâchez quand j'étais en deuxième année de médecine ! "Si vous ne faites pas de master, vous finirez médecin généraliste dans la Creuse, à vous de voir..."

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  11. C'est exactement ce que nos profs nous rabâchaient quand j'étais en deuxième année de médecine ! "Si vous ne faites pas de master, vous finirez médecin généraliste dans la Creuse, à vous de voir..."

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  12. Tiens, on dirait Saint Bledpomé ! J'ai, comme toi, beaucoup d'admiration pour ces médecins de campagne, qui gèrent tous seuls des tas de choses. Il leur faut être compétents dans plein de domaines variés, et en même temps très forts psychologiquement face à la solitude.
    Personnellement, j'ai beaucoup de mal à remplacer en zone rurale éloignée. Je ne me sens pas à la hauteur, la sensation d'angoisse est omniprésente, et les patients me rappellent régulièrement combien leur médecin est tellement bien (ce en quoi ils ont totalement raison)...Et pourtant, j'adore la polyvalence de cet exercice. J'espère qu'avec l'expérience, je finirai par y aller plus sereinement.
    Je pense qu'il me serait très difficile de ne remplacer que dans des zones rurales. Les semaines que je passe en zone péri-urbaine me permettent de souffler. Alors imposer aux jeunes médecins tous droits sortis d'un hôpital universitaire d'exercer à Trou Paumé sur Cambrousse, c'est à mon avis le meilleur moyen pour qu'ils n'y mettent plus jamais les pieds ensuite.
    J'aime beaucoup ta façon de voir et de décrire notre métier, merci pour ce nouveau post.

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  13. Bonjour,

    Je viens de m'inscrire. Ce blog fait écho à un article où il est question de lutte contre le désert médical à... Madagascar, à la page :

    http://medecine-madagascar.blogspot.fr/2012/06/dr-ionisoa-randrianiasimana-medecin-de.html

    Bonne inspiration pour la suite.

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  14. Merci Gelule de poster des articles toujours aussi intéressants, nuancés et d'actualité =)

    Je viens de passer l'ECN, et je n'élimine pas l'idée de faire médecine générale. Sûrement pas grâce à ma fac ou à mes conférenciers (c'est sûr que rabâcher régulièrement l'idée que si l'on échoue, on sera médecin généraliste, c'est peu valorisant). Ni grâce à l'ordre des médecins (je sens que leurs réformes tomberont à point nommé pour la fin de mon internat et je dois dire que ça me fait grandement hésiter, outre l'envie de coller quelques bonnes paires de claques ...). Pas non plus grâce à un stage d'externe (par manque de place en MG, j'ai atterri dans un service hyperspécialisé d'hématologie). Mais bien grâce aux différents blogs médicaux dont le tien.

    Le seul progrès dans ma fac, c'est qu'il existe maintenant des cours optionnels de médecine préventive dispensés par des médecins généralistes, permettant de discuter de leur pratique courante et de juger de leur épanouissement sans impression de propagande (parce que bon, l'unique séminaire obligatoire sur la médecine générale en D2 ou la conférence "exercer en milieu rural ... et pourquoi pas ?" dans le mois précédent l'ECN ...)

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  15. Cette remarque sur le professeur de médecine me fait irrésistiblement penser à ce dessin, où un professeur d'un collège-lycée BCBG parisien reprend une enseignante d'un lycée de banlieue chaude pour la mauvaise tenue de ses élèves.
    http://bureau14.illustrateur.org/2012/04/19/17-la-sortie-de-classe-des-4emes-de-la-zep-de-trappes/

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  16. Bravo Gélule, bravo d'avoir su croquer et exprimer si bien mon quotidien quand je remplace à BledPaumé (fou, même les noms se ressemblent) : 40 km du premier CH et du premier service d'urgence, plus de 100 km du plus proche CHU, pas de labo, pas de radio, pas d'écho... mais depuis quelques mois truc de dingue ... UN KINE !
    Les mêmes agriculteurs qui ne veulent surtout pas s'arrêter, qui n'iront pas aux urgences, qui t’appellent toi quand ils font un AVC ou un choc anaphylactique... et ils n'ont pas tord puisque le temps que le SMUR arrive...

    Et j'adore travailler là bas, j'adore la diversité de l'exercice, j'aime peser le pour et le contre du moindre examen complémentaire parce que les gens ne feront pas 40km pour rien, j'aime les gestes que je peux faire alors que j'ai l'impression de ne rien faire quand je remplace à GrosseVille, j'aime prendre ma voiture et me perdre sur les petites routes de campagne (et arriver en retard pour les consult de l'aprem évidement)...

    Mais... mais je traîne les pieds devant les multiples propositions d'association de mon remplacé, je suis nase de devoir faire les aller-retours tous les jours... Avec un mari souvent en déplacement j'en ai marre de récupérer ma fille chez la nounou à des heures pas possible.
    Parce que oui, il y a quand même une école et une épicerie à BledPaumé (pas de supermarché, faut pas rêver), il y a même encore un bureau de poste c'est dire si c'est pas si paumé que ça.
    Mais impossible pour Mr d'habiter à 40km de la première gare, lui qui donnent des cours dans différentes fac.

    Alors oui vraiment j'admire, j'aimerais vraiment vraiment exercer comme ça, le VRAI métier de généraliste qui me plaît. Mais pour l'instant ça me paraît difficile. Et me l'imposer ou me donner moult primes financières n'y aidera pas.

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  17. pour moi qui ai probablement le même âge que le Pr Perrotin et je peux donc confirmer tes dires et les amplifier : s'il a dit ça c'est une grosse boulette une bêtise une c...rie
    nos profs de facs nous ont enseigné beaucoup de choses mais pas la médecine générale . Je voulais exercer comme tu le fais là en remplacement je n'ai fait qu'un seul rempla en zône semi urbaine et j'ai pu constater le hiatus entre ce que ces gens nous avaient enseigné et la vraie vie.
    ce que tu vis là je le vis comme ophtalmo rural avec bien sûr moins de stress car nous intervenons rarement sur des urgences vitales, nos profs et nos stages aux urgences oph des CHU nous ont bien formés. je file je suis en retard

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  18. Merci pour ce billet alliant générosité, humour et pertinence !
    NB : le Pr Perrotin s'était déjà "illustré" cette année : http://0z.fr/ExgoL

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  19. enfin...........
    Medecin femme d un trou du monde

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  20. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  21. Merci pour ces phrases jolies ET pertinentes :)

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  22. RX encore actif22 juin 2012 01:20

    Pendant mon stage interné en 1967,logeant sur place à la maternité,je participais aux tours de garde avec les sage-femmes.Al'époque les médecins de Trifouilis-les-Oies "accouchaient" encore leurs patientes dans des cliniques "ouvertes"ou à la ferme...J'ai donc fait comme mon remplacé !
    A ce jour dans ma pratique quotididienne d'échographies obstétricales ,je regarde toujours en premier lieu la localisation du placenta ....
    L'échographie n'existait pas ...encore !
    Je garde un souvenir ému des petites mamies ...j'étais bien sûr leur médecin ( j'ai gardé pendant 4 ans mes reports : j'avais donc ma clientèle dans sa clientèle )...une en particulier elle tenait toujours à me reconduire jusqu'à la porte...
    mais j'étais aussi son petit-fils ,son confident..
    Quant aux posologies "ajustées" ..jusqu'à l'attente de mon retour! heureusement anecdotique ..
    Je revenais toujours avec des poireaux ,des lapins , des poulets ...
    En ville la Fac était plus près ,mais je n'étais pas si chouchouté !
    Et un soir de "mardi gras"en sortant de table "Docteur vous prendrez bien un'raton'...crêpe légère.. d'un cm d'épaisseur!
    Les consultations souvent moins nombreuses que les visites ,sur un rayon de 15 km ..avec un 2 C.V.équipée de pneus à clous ...certains hivers il était très difficile de savoir où etait le champ et la route...
    J'ai failli rester à la campagne ...J'ai pensé que la scolarisation des enfants serait plus facile en ville ...j'ai choisi la Radio pour la vie de famille..
    Mais quand ma fille le jour de son mariage m'a dit que j'avais été un père absent ..Je me suis dit que j'avais dû ..manquer quelque chose !
    Merci Gélule pour ton humour et ton courage passionné ,mais ayant déjà eu quelques inquiétudes sur les routes de campagne à 2 Heures du matin ...pour ne pas dire plus..
    Est-ce bien raisonnable pour une femme ?

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    1. Plus de 70% de femmes dans les futures promotions de médecin, est-ce bien raisonnable ?
      Des femmes médecins qui persistent à vouloir devenir mères, est-ce bien raisonnable ?
      Les mêmes qui n'auront plus le temps de repasser amoureusement les chemises de monsieur et de lui mitonner le ragoût dominical pour cause de garde, est-ce bien raisonnable ?
      Devoir se lever nuitamment (2 heures de matin, par exemple) et se soustraire au devoir conjugal pour accomplir le devoir de permanence des soins, est-ce bien raisonnable ?
      Être une femme, est-ce bien raisonnable ????

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  23. Chantreau Jérôme22 juin 2012 09:23

    Merci pour ce blog (découvert grâce à l'émission de France Culture).
    Ce billet m'inspire une remarque :
    - ne pensez-vous pas qu'en choisissant le pseudo de Trou-Paumé-sur-Cambrousse vous participez, peut-être, sûrement à votre corps défendant, de cette même condescendance un brin méprisante que vous dénoncez? Les mots sont parfois insidieux. Mon-Village-Tranquile ou Bourg-du-Fond-de-la-Vallée, par exemple, eurent été plus neutre ;-).

    Quand à la dernière phrase de RX encore actif, comment le dire poliment... Je connais plein de femme qui doivent se coltiner des gardes de nuit en hiver sur des routes de campagnes et qui s'en sortent très bien. Heureusement pour nous, vétos de campagne, parce que sinon nous ne trouverions plus grand monde pour venir travailler en rural, les promotions sortante étant à 75 80% féminine. Le genre n'a pas grand chose à voir là-dedans, c'est plus une question de caractère et de volonté.

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  24. Bien gelule.
    J exerce dans le même village, dans les mêmes conditions.
    Comme ça ne suffisait pas à m'occuper totalement (boutade !) je suis président d' un conseil de l'ordre !
    Alors les 50 professionnels de santé de ma montagne se sont réunis en réseau, montent des maisons de santé, arrivent à recruter de jeunes médecins comme toi, qui sont volontaires pour venir. Quand on peut ajouter à l'intérêt du travail de campagne une organisation qui permet le respect de la vie de famille,on est près du paradis!
    Et on dégage du temps pour aller "remonter les bretelles" d'un médecin radiologue retraité de Neuilly qui veut régler le problème du désintérêt envers la médecine libérale en rajoutant des contraintes !
    On va lui voler dans les plumes ...
    a bientot, Gelule,au détours d'un chemin ou d'une draille ,qui sait ?
    Docaubrac

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  25. J'ose dire que ce billet m'a passionné, vraiment ce que vous dites donne plutôt envie de bosser à trou paumé sur cambrousse ! Vous devriez faire le tour des facs de médecine , ça en motiverais plus d'un :) ( je ne suis pas étudiante en médecine je précise)

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  26. Bonjour,

    Nous venons de parcourir votre blog, Sous la blouse, que nous avons beaucoup apprécié. Nous aimerions ainsi vous inviter à vous joindre à nous, et plus exactement à devenir rédacteur/dessinateur sur CareVox, premier site participatif dédié aux actualités de santé.

    La particularité de CareVox est de permettre aux professionnels, mais également aux passionnés de tout bord par les thématiques de santé, de faire part de leurs préoccupations de bien-être dans leur domaine de prédilection, dans la limite de l’exactitude scientifique dont CareVox se veut le garant.

    A la lecture de vos écrits et de vos dessins, nous sommes convaincus que de nombreux lecteurs de CareVox aimeraient vous connaître davantage, s’informer et tirer parti de votre expérience, de vos conseils et de vos réflexions sur les thématiques ayant trait à la santé.

    Nous sommes heureux de notre côté de pouvoir vous offrir la tribune de CareVox pour vous permettre d’intéresser un large public à vos développements.

    Sur CareVox vous côtoierez des passionnés, comme vous, par la santé et le bien-être. Vous pouvez vous inscrire dès maintenant ou nous faire part de vos questions et remarques éventuelles. Vous pouvez compter sur nous, et nous vous renseignerons avec plaisir.

    Dans l’attente de votre réaction, et bien cordialement,

    L’équipe de rédaction de CareVox

    http://www.carevox.fr/
    redacteurs@carevox.fr

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  27. Désopilant !
    A la fac, ça n'a pas changé, c'était déjà ce même discours dans les années 80. Si tu ne travailles pas assez, tu seras généraliste ! Si tu ne publies pas dans les grandes revues internationales tu finiras en gélule paumée en cambrousse.
    Finalement, la gélule est bien plus connue maintenant que l'agrégé qui publie dans le microcosme international. Bien plus motivée et bien plus motivante aussi !
    Bravo !

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  28. bravo pour votre prose poétique! En 1980 je voulais être médecin sans frontière , je me suis retrouvée médecin de campagne (+ médecin pompier ) jusqu'à ce jour et je trouve ce métier merveilleux . Bien sûr il y a des contraintes mais surtout beaucoup de petits bonheurs , d'humanisme et le travail est bucolique!Avec un peu d'organisation on peut préserver sa vie de famille , jouer sur son piano à queue ou se promener à cheval et même cultiver son potager et nourrir ses poules!
    Mes enfants ne se sont jamais plaint non plus .

    Merci à vous bonne continuation .

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  29. Une Tourangelle dans les rangs ...
    Moi je l'ai connu tout petit le Pr Perrotin, quand il n'était pas encore le chef des chefs et qu'il n'"était" que réanimateur à Tours .... Il connaît bien son boulot de réa, ça y'a pas de doutes, par contre pour l'enseignement et le respect des MG ... vous repasserez ....
    J'ai 37 ans, suis installée depuis 2008, mais j'ai commencé comme toi, en 2002, dans la cambrousse profonde Tourangelle, à l'époque je partais avec le balluchon et restait la semaine entière en prenant les gardes de tout le monde là bas, car revenir tous les soirs était impossible, trop loin, trop tard, trop dangereux sur les routes l'hiver ... bref tout pour se faire une VRAIE expérience, au sortir de cette fac avec tous ces grands patrons qui nous snobent.
    Tous les ans j'encadre des étudiants et je me rend compte que la Fac de Tours (sous le dictat de Mr Perrotin) est devenue intolérante aux MG, ton dessin le résume assez bien : si vous bossez pas vous serez généraliste ! si ILS bossent pas, ils sont exclus des cours d'approfondissement réservés à la future "élite" de spécialistes. Laissez moi rire ... Qui n'a pas pris une garde avec un spécialiste qui vient vous chercher (vous pauv' interne de 2 e année) parce qu'il sait plus gérer tel ou tel truc ? (un cardio qui appelle pour une constipation ou un chir pédiatrique, senior de garde qui sait pas gérer une GEA ). Il sont tellement imbus de leur personne et tellement déconnectés des réalités de notre métier que j'envisage sérieusement d'entrer à la fac pour soutenir les MG.
    Un soir, au chevet d'un mourant que j'avais accompagné avec un médecin réanimateur à la retraite (un grand monsieur de la Réa Tourangelle qui nous aide en ville maintenant) qui autrefois avait été au poste de Mr Perrotin; il m'a dit "je ne me rendais pas compte a quel point vous êtes seuls à tout gérer et à quel point c compliqué la médecine générale". LUI il sait, Perrotin NON !
    Merci de réveiller nos consciences.
    Bonne continuation à toi.

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  30. Billet génial. Le rapport patient/docteur à la campagne est tellement bien croqué. J'ai l'impression de voir mes grand-parents, et ça me fait toujours rire.

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  31. Docteur Gélule, tu es formidable, compétente, adorée et adorable ; tu donnes de ton temps, de ton énergie, de ta patience ; tu écoutes tes patients, les suture , tu t'occupes de leurs maladies graves et moins graves.
    Cependant, ces patients si attachants avec qui tu es formidable et à qui tu apportes tant (temps), ils t'agacent tout de même lorsqu'ils évoquent leur motif principal de consultation à la fin de cette consultation, lorsqu'ils attendent la cata pour t'appeler à la rescousse en urgence alors que tu aurais pu (t')organiser avec eux un suivi plus serein. Ton état de stress devient alors permanent, jour et nuit parfois. Tu supportes, tu philosophes tu blagues (blogues) et le fait de l'écrire ça te fais un bien... fou. Tu utilises ta plume (clavier, souris) pour te débarasser, un temps, de cette pression qui devient trop forte (ou alors tu aimes ça et personne ne peut rien pour toi, incurable).

    Fais attention, tes patients ne sont pas éduqués, le système de santé n'a pas prévu qu'il y avait des GENS à Trou-Paumé-Sur-Cambrousse et qu'ils pouvaient TOMBER MALADES. Et toi tu acceptes l'inacceptable.
    1- N'admets plus jamais que l'on te sorte un motif de consultation hyper important quand tu n'es plus dans la configuration idéale. Fais, à chaque fois, une remarque ferme à tes patients, et ne pense pas qu'ils « ne savaient pas les pôvres » : un motif grave qu'on cache jusqu'à la fin, c'est parce que c'est le motif scotomisé, il faut le rechercher en priorité. Nul médecin n'est tenu de refaire une consultation une deuxième fois, entièrement, en état de stress maximum, parce que c'est le patient qui décide QUAND il veut bien dire l'essentiel.
    2- N'admets pas de faire des urgences lorsque tu es épuisée et que tu penses être le seul recours. En France, le 15 existe, il a été imposé, il faut s'appuyer dessus même si cela n'est pas très satisfaisant pour toi.

    Tout cela pour t'épargner, Docteur Gélule, tu cours à grandes enjambées vers le burn-out et, si cela t'arrive, ne compte pas sur tes patients. Ils ne comprendront pas : «elle est (était, on t'oubliera vite) si gentille, toujours là à vous écouter, vous soigner même la nuit, la pauvrette, c'est une femme, il faut dire, c'est pas trop un métier pour les femmes, hein ! Le Docteur Martin, (vous vous souvenez du Dr Martin?) lui, tous les jours, toutes les nuits, par tous les temps, à pied dans la neige, jamais malade ; Ah ! On le craignait le père Martin, avec sa pipe, mais il m'a mis au monde un 15 décembre par moins 15, alors etc....)

    Docteur Gélule, par pitié, lève le pied et s'il n'y a personne autour de toi qui veuille t'aider, ce n'est pas ta faute, tu n'es pas obligée d'en faire plus que nécessaire car si tu es aimée, on t'en demandera toujours plus, avec les mots qu'il faut (« vous êtes tellement gentille que mon mari, (mon oncle, ma nièce, ma grand-mère , ma voisine, mon patron, mon chien, mon cheval...) voudrait venir chez vous ; et puis vous savez écouter, jamais en colère même quand la salle d'attente est pleine et puis vous donnez pas trop de médicaments, vous etc...)

    Allez, bonne chance et amitiés d'un vieux MG.

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    1. Quel beau, quel judicieux, quel excellent conseil ! Marquer les limites, fermement, quitte à lâcher un peu, c'est le secret de la longévité et du plaisir de travailler. Il est beaucoup plus facile de s'adoucir que de se durcir. Et le respect naît de la résistance à la manipulation, même inconsciente.

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    2. Docteur Girole, sorti du contexte vos conseils tombent sous le sens!
      Une remarque cela dit.
      Je ne décris pas mes journées avec précision dans ce post qui n'est qu'un pot-pourri de ce que j'ai vu en deux mois de remplacement (car ce n'était qu'un remplacement). Vous me permettrez donc d'être un peu vexée par votre commentaire, car à vous lire je me fais déjà marcher, euh pardon, littéralement piétiner par mes patients et le burn-out me guette..... Or vous n'avez aucune idée de comment je travaille, en vrai, dans la journée. En tout cas pas au travers de cette note.
      J'ai beau n'être qu'une débutante, j'ai déjà compris que je ne tiendrais pas bien longtemps en me comportant comme un bon samaritain de 7h à 22h 7j/7. J'ai appris à dire non, je découpe mes consultations en reportant les motifs "en plus" sauf urgence vitale, et quand j'ai plus de RDV de libre ben j'ai plus de RDV de libre. Quand j'aurai mon cab à moi y'aura un jour off par semaine et hors de question de terminer à 21h le soir.
      J'ai malheureusement vécu, pendant mon premier stage chez le praticien, le décès brutal d'un autre MG de la petite ville. J'ai été choquée de voir à quel point cela suscitait peu d'émotion comparé à l'angoisse de savoir quand le dossier médical serait enfin transmis d'un cabinet à l'autre... Les cimetières sont pleins de gens indispensables....
      TOUT CA POUR DIRE : c'est gentil de vous inquiéter pour moi, et vos conseils sont pleins de bon sens, mais rassurez-vous, si la fatigue me guette, c'est plutôt parce que je m'obstine à vouloir vivre 3 vies en même temps :)

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    3. Me voilà rassuré!
      Et surtout ne soyez pas vexée.
      Cette réponse c'était, à travers vous, pour alerter les jeunes MG de ne pas foncer tête baissée dans le dévouement irréfléchi.
      J'ai suffisamment d'expérience(s) pour avoir vécu, puis constaté à quel point on peut se faire "marcher sur sa vie" (comme vous l'écrivez: piétiner)
      Un exemple:
      Un de mes anciens internes effectue son premier remplacement: grosse clientèle, grosses prescriptions genre 15 médicaments par ordonnance dont il savait que j'en rejetais et lui avec moi les 3/4 et... une consultation libre à 18h, sans aucune barrière, qui le faisait finir à 23h (on sonne, on s'assoit, on attend, on est pris, quelque soit le motif)
      Il m'a téléphoné: "Ausecours!Jefaisquoilà?"
      "Ben, tu continues et tu te dégoutes de ton futur métier et de toi-même et tu fais ton infarct à 38 ans, ou tu arrêtes ce genre de (c... de) remplacements"
      Voilà, et j'en ai une bonne vingtaine des comme ça, plus toutes celles que mes étudiants et tuteurés ne m'ont pas racontées et qui fait que maintenant, très peu font MG.
      Moi, je préfère vous vexer (un peu) plutôt que de vous perdre pour les qualités que vous montrez et que je juge tout à fait honorables.

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  32. Je découvre ce blog et en lisant cet article juste magique je crois que je vais tout parcourir avec délectation! Merci beaucoup!!!

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  33. Manu future jeune interne en MG13 juillet 2012 16:48

    Etant future jeune interne en médecine générale et PAR CHOIX (hey oui résultats de l'ECN depuis 2 jours) ej tiens à vous dire :Merci, merci, merci. Votre blog ne fait que renforcer ma passion pour la médecine et confirmer mon choix de médecine générale.
    PS: quand je dis à mon copain pourquoi il ne veut pas faire médecine G il me répond "parce que ça me fait peur tout ce qu'il faut maîtriser!"
    Encore Merci
    Une future médecin généraliste de campagne

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  34. Un blog très sympa et tout à fait d'accord pour dire "mais arrêtez de dégouter les étudiants de la médecine et de la médecine générale en particulier !" Il faut inciter et non plus contraindre ! On donne déjà 4 ans d'internat à l'hopital, pas toujours formateur, mais beaucoup d'exploitation ! et je ne parle pas de l'externat où là dans certains services c'est de l'esclavage (secrétariat, aide opératoire... c'est pas ça qui va t'apprendre vraiment ton futur métier ! )... j'ai peur pour la médecine de demain ! qui voudra encore faire ce métier si les conditions se dégradent encore ? ? ?
    et moi je n'ai pas fait médecine G parce que je ne me sentais pas du tout préparée !!!! du coup j'ai fait une spé ! Rétrospectivement, je trouve ça très dommage car mon choix était plutôt dû au manque de connaissance de ce métier. On devrait faire des stages d'externe chez le généraliste !!!! c'est inutile d'aller classer des dossiers en stomato ou de faire des orthopanto pendant 3 mois !!!!!!! ridicule même ! FAITES DES STAGES D'EXTERNE CHEZ LE GENERALISTE au lieu de chercher des idées tordues pour contraindre les étudiants à faire médecine G messieurs les pontes et chers Maîtres :-p

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  35. like it like it :)

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  36. Ah, ce cher Dominique... En arrivant en P1 je l'adorais (promotteur de l'égalité, partage de l'amphi en plusieurs secteurs et placement aléatoire), et en P2 je le trouvais très bon prof.

    Je regrette un peu la déception qu'il m'apporte depuis que je suis externe. Un peu seulement, parce qu'à force de se faire taper dessus, on ne réagit plus vraiment. Et parce que je suis sure que ses intentions sont bonnes. Mais les méthodes sont mauvaises.

    Mon cher doyen est un digne représentant de cette génération de médecins qui considèrent que nous les jeunes, on est tous des branleurs, et que si on arrive à rien c'est qu'on est des cons, et qu'il faut bien nous obliger, le tout sans remettre en cause le système qui ne nous aide malheureusement pas. Excusez un peu ma vulgarité.

    Je n'étais pas au courant de ses propos à la tête des doyens de médecine, mais dans le contexte actuel ils ne m'étonnent pas. Je crois qu'il a bon fond, vraiment, il fait de son mieux, et je le dis sans condescendance. Mais la méthode est mauvaise. Il promeut la division et la lutte entre nous au lieu de chercher à nous rassembler... Mais bref, je ne devrais pas m'étaler autant ;)

    En revanche, il y a une chose que ce post confirme par rapport à mon point de vue vis à vis de la médecine générale : je rejoins le copain de Manu sur ce point :

    La médecine générale, c'est super intéressant, mais ce n'est pas pour moi. C'est beaucoup trop difficile pour mes capacités, être suffisamment bonne dans autant de domaines, et pourtant devoir passer la main quand je suis dépassée, c'est à la fois difficile pour ma mémoire et pour mon égo.

    J'admire énormément les médecins généralistes, et je ferai de mon mieux dans le futur pour que nos collaborations soient les meilleurs possibles.

    Je continuerai toujours à les admirer, mais si l'ECN 2013 le veut, de loin.

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  37. Chère Dr. G.,

    tombé là un peu par hasard.
    Je ne suis pas dans les professions médicales.
    Je ne suis pas dans un trou paumé, mais dans une grande métropole.
    J'ai la chance de ne pas avoir à consulter souvent ...

    Et pourtant, quand j'en ai besoin, j'attends des spécialistes en médecine générale (que j'ai fini par dénicher !)

    Ne vous épuisez pas, et continuez votre route!

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  38. Je suis toujours étonné par certains étudiants vis à vis de la médecine générale de leur peur à ne pas "tout maitriser". Parce qu'ils pensent que nous "maitrisons" tout ? Parce qu'ils pensent que si leur exercice médicale est cloisonné dans une spécialité d'organe, ils ont moins de choses à maîtriser ? Ils ont devant eux un patient qui souffre, pas une genou ou un utérus qui est arrivé tout seul, laissant le reste à la maison...

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    1. Oh je ne crois pas que ce soit une question d'organe. Les étudiants ont peur tout simplement. Ils ont peur parce que sortis du giron hospitalier on se sent tout nu. C'est ce qu'on connaît pendant toutes nos études. On "grandit" avec des patients qui sont là tout le temps, pour qui on peut avoir des radios / de la biologie quasi-immédiatement. Et en plus il y a toute une équipe avec soi. En MG (en tout cas c'est vu comme ça) on est SEUL. Et on ne peut pas demander de la bio inutile tous les jours pour se rassurer qu'on a fait quelque chose.

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  39. Jeune vétérinaire en zone rurale de montagne je vis dans un trou paumé, votre billet m'a frappé par sa justesse!!! Notamment sur le fait qu'on ne se fait soigner que qd on le peut. Pour exemple, après avoir pris un coup de pied de vache en pleine tête, j'ai refusé d'aller aux urgence (1h30 de route, x heures d'attente) car j'étais de garde. Ma collègue, qui c'est ouvert la main pendant une césarienne a fait pareil. C'est là qu'on est heureux de trouver un vrai bon médecin de campagne, disponible, compréhensif, à l'écoute, compétent ; et on comprend que vous ne sachiez pas tout. Vous êtes courageuse d'avoir commencé par ça. Il ne semble que ça doit être nettement plus intéressant et enrichissant que la "bobologie" même si ça doit être fatigant nerveusement...
    Bonne continuation!

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  40. Merci,

    Un habitant de Trou Paumé sur Cambrouse.

    Notre médecin, on y tient. Quand on y va, c'est pas pour rien car on sait qu'il est débordé. C'est pas une blouse blanche parmi d'autre, c'est notre médecin, il connait toute la famille. C'est lui qui a soigné la gastro de la petite, qui a recousu le grand quand il est tombé...
    Et quand il part à la retraite, on est un peu orphelin.

    Quand à votre doyen, il est à côté de ses pompes, il faut être le meilleur pour être médecin généraliste car il faut être bon en tout et pas bon en une seule spécialité.

    Et c'est pas pour rien que de nombreux maires, conseiller généraux sont des médecins généralistes à la retraite. Les habitants leur font confiance.

    Dites aux jeunes médecins que c'est le plus beau métier, le plus humain. La petite fille qui rentre dans votre cabinet, c'est pas un numéro de lit que vous passez voir en 5 minutes (voir 30 secondes) lorsque vous faites la tournée des opés.

    Merci

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  41. En étude d'infirmière on entends la même sur les postes en lieu de vie ou IDE libérale.
    Mouai fin en tant qu'IDE c'est un peu les seules postes ou devant une urgence on se retrouve presque seule au monde...et avec beaucoup de pathologies, de traitements, et de soins différents...Alors si tu es nulle,reste pas là!
    Mais c'est pas grave ils sont vieux et /ou handicapés...[Entendu en chirurgie par une collègue IDE...]

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  42. Je revis mes débuts de remplaçante au fin fond du monde il y a quelques années. J'ai fait ça pendant 6 ans en temps que remplaçante, pour travailler à temps partiel et avoir des temps de pause. J'ai finit par m'installer à Trifouillis-un-peu-moins-loin-de-Groville, non pas pour des raisons médicales, mais pour des raisons familiales: pas de collège ni lycée à Trifouillis-en-campagne, donc mes enfants (j'en avais déjà deux scolarisés)soit en internat soit avec des très longs temps de trajet dès la sixième.

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